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Par David Brites.

C’était il y a trois ans, jour pour jour. Le 21 septembre 2013, de violentes émeutes éclataient à Dacca, la capitale du Bangladesh, pour réclamer de meilleures conditions de travail dans le secteur du textile. Blocages de routes, destruction de matériels d’usine, manifestations : le cri désespéré que symbolisait ce mouvement est malheureusement tombé dans les oreilles de sourds, alors que les protestataires réclamaient, pour l'essentiel, un salaire minimum de 74 euros par mois, contre 28 euros auparavant (moins d’un euro par jour, pour dix à douze heures de travail). À l'aube, en France, de la primaire de la droite et du centre, et quatre mois avant celle du Parti socialiste (mais aura-t-elle seulement lieu ?), force est de constater que la présidentielle ne sera pas encore l'occasion de poser sur la table les questions économiques lourdes de notre continent, et notamment celle de la délocalisation depuis plusieurs décennies de nos industries, et l’exploitation par les firmes occidentales (mais pas que) de masses réduites à la misère, essentiellement en Asie et en Afrique.

Certains d'entre nous sont peut-être trop jeunes pour se rappeler du scandale des sweatshops, ou « ateliers de misère », quand, dans les années 90, ces manufactures, très souvent dans l'industrie textile, avaient fait la Une de certains médias, mettant en avant la question des conditions de travail dans les pays dits du Sud. La marque Nike a été pionnière de ce modèle d'exploitation. L'équipementier a été le premier à se délester de ses usines pour confier sa production à des pays du Sud-Est asiatique. L'industrie textile est emblématique du système de production, de distribution et de consommation globalisé ; mais d'autres secteurs ont la même structuration, comme l'électronique et les jouets, avec une chaîne de valeur éclatée, divisée entre une conception dite à forte valeur ajoutée (création, design, marketing, etc.) concentrée en Occident, et une production à faible valeur ajoutée (confection, montage, etc.) répartie dans plusieurs pays.

Le 24 avril 2013, l'effondrement du Rana Plaza, du nom d'un immeuble délabré abritant des ateliers de confection dans la périphérie de Dacca, aurait dû, avec ses 1.135 morts, faire l'effet d'un électrochoc pour le monde entier, car il mettait en lumière les conditions de travail déplorables et dangereuses des Bangladais employés dans ce secteur. L'année 2013 a d'ailleurs été particulièrement mouvementée socialement au Bangladesh, avec comme point d'orgue les émeutes susmentionnées de septembre 2013, que nous avions traitées dans un article d'octobre 2013 (Quand la pelote de laine bangladaise s’enflamme). Mais en Occident, à quelques exceptions près, on a vu l’amnésie générale succéder à l’émotion, après seulement quelques jours de buzz médiatique sur cette tragédie. Pourtant, au-delà de l’« anecdote », c’est tout notre modèle de libre-échange des marchandises et de commerce international qui aurait dû être remis en cause par la réalité alors révélée à nos écrans.

Un système pourri à la racine… et qui ne va pas en s’améliorant

Du protectionnisme commercial, ou de la préférence communautaire, l’Europe en a déjà fait, notamment sur l’agriculture, mais même sur l’industrie textile. Mais la Commission, avec la passivité coupable des États, a progressivement mis à mal les barrières douanières de l’UE. On en perçoit parfois les dernières traces. En 2013 par exemple, Bruxelles a imposé des taxes à l’importation de panneaux chinois, pour une durée d’au moins six mois, allant de juillet à décembre Une décision qui a pu se traduire par une augmentation des tarifs douaniers, qu’a dénoncé l’Allemagne, traditionnellement libre-échangiste. Cette réponse au dumping pratiqué par la Chine sur le secteur du solaire n’est pas une première : la Commission avait déjà pris des sanctions contre des entreprises chinoises soupçonnées de dumping dans 48 autres secteurs. Mais ces mesures sont ponctuelles et provisoires. Bien loin d’illustrer une vision globale de développement du continent, elles s’inscrivent dans une logique d’ouverture à la concurrence, certes dans un cadre théoriquement « non-faussé » par le dumping, mais tout de même ouvert, et donc susceptible d’affecter lourdement les économies européennes.

Le système est d’autant plus complexe à améliorer que, dans un pays comme le Bangladesh, deuxième exportateur de textile au monde, la classe politique a des intérêts particuliers très forts dans cette industrie lucrative. Elle est pourtant théoriquement garante des intérêts des citoyens (et donc des travailleurs) bangladais face aux appétits des multinationales. Rappelons que les conditions de salaire et de travail des ouvriers y ont été fixées en août 2010 par un accord tripartite entre leur gouvernement, les syndicats locaux, et les fabricants. Or, les conflits d’intérêt tronquent d’emblée les négociations, puisque nombre de députés bangladais, voire de ministres, sont propriétaires d’usines et préfèrent sauvegarder un environnement propice à attirer des investissements étrangers. Cette situation n’est pas spécifique au Bangladesh. L’Asie baigne déjà dedans (Chine, Inde, Cambodge, Viêtnam, Birmanie…), jouant le rôle d’« atelier du monde » au détriment du textile européen hier, de celui du Maghreb et de la Turquie aujourd’hui. En Afrique, l’Éthiopie est désormais en pointe sur ce secteur, comme l’illustrait en 2015 les 8,5% de croissance de l’industrie nationale, destinée essentiellement à l’exportation. La société turque Akya Textile, le Britannique MNS, le Suédois H&M et même le chausseur chinois Huajian y sont déjà présents. D’autres pays d’Afrique subsaharienne devraient suivre la même voie, et pour cause, outre des salaires faibles et une législation du travail fragile, le continent africain bénéficie d’un atout capital : du coton en grande quantité et de première qualité.

De l’autre côté de l’Eurasie, les consommateurs occidentaux tiennent à préserver leur pouvoir d’achat, même au prix de la misère du monde. Sauf qu'établir des normes sociales et environnementales minimales pourrait se faire sans répercussion forte sur les prix, si la marge de profits des sociétés de redistribution était rognée. Cette question n’est jamais posée sur la table, et notre personnel politique, dans sa très grande majorité, manifeste (trop) rarement son intérêt pour cette thématique. Nous sommes pourtant directement concernés, car, pour les vêtements comme pour tant d’autres produits (jouets, ustensiles, etc.), les consommateurs que nous sommes sont déterminants pour faire tenir le système. En outre, l’ordre commercial établi se fait non seulement au prix de l'exploitation des masses réduites à la misère dans le Sud – pourquoi augmenter le salaire du travailleur bangladais ou éthiopien puisque les Occidentaux sont là pour consommer les biens qu’ils produisent ? – mais également aux prix de la désindustrialisation de notre continent.

Système tronqué, mais pas que. En effet, les échanges avec des pays ne présentant pas des conditions de travail ou des salaires similaires aux nôtres, ni même des normes sociales et écologiques acceptables, sont tout bonnement indéfendables. Mais échanger avec des pays situés à des milliers de kilomètres, quand bien même cette question des écarts de normes ne se poserait pas, a-t-il beaucoup plus de sens ? Le coup d’envoi des négociations visant à établir le traité de libre-échange transatlantique (le fameux TAFTA), en juin 2013, est venu également nous rappeler les dangers du libre-échange avec notre grand allié nord-américain. N’en déplaise à l’ancien président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso, qui qualifiait à l'époque l’opposition à ce projet de posture « antimondialisation […] totalement réactionnaire », nous nous étions alors penchés sur le sujet (Zone de libre-échange UE-États-Unis : la gauche l’a fait !). À celui qui présida la Commission européenne de 2004 à 2014, devenu en juillet dernier administrateur non-exécutif d’une filiale du groupe Goldman Sachs, on a envie de dire que son bilan politique et son éthique professionnelle ne permettent pas vraiment de conférer à son opinion personnelle beaucoup d’intérêt.

Certes, cet été, sentant peut-être enfin le souffle du désastre électoral à venir, le gouvernement français a fait semblant, à la faveur d’anicroches dans les négociations avec les États-Unis, de demander une suspension du cycle de discussions en cours. Un double discours opportuniste de la part de François Hollande. En effet, le TAFTA est toujours sur les rails. Le 14ème round des négociations a été bouclé en juillet, et le 15ème doit s'ouvrir en octobre. En marge du G20 à Hangzhou, en Chine, le 4 septembre dernier, Jean-Claude Juncker avait d’ailleurs confirmé, agacé par les cris d’orfraie de la France : « Nous continuerons de négocier avec les États-Unis. […] Lors du dernier Conseil européen en juin, j’ai demandé à l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement s’ils voulaient que l’on poursuive les négociations. La réponse fut un oui. » Et de fait, à l’issue du Conseil européen des 28 et 29 juin, le président de la Commission européenne avait déjà annoncé en conférence de presse que tous les États-membres avaient confirmé le mandat de la Commission.

Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que le TAFTA ne risque pas de faire l’objet d’une attention particulière dans la campagne. Pourtant, ce sont des pans entiers de l’économie européenne, mis en concurrence avec les Américains, qui seraient affectés : agriculture, industrie, énergie… Seule l’« exception culturelle » (l’audiovisuel, pour l’essentiel) a d’emblée échappé aux discussions. Au-delà de la dimension économique du projet, franchement dangereuse pour le tissu économique européen, plusieurs dizaines d’ONG dénoncent régulièrement les risques pour les acquis en matière de protection des consommateurs en Europe. Enfin, et alors que notre personnel politique a globalement pris conscience des enjeux écologiques ces dernières années, quel sens donner à un projet de libre-échange avec les États-Unis, quand la priorité devrait être à un rapprochement des lieux de production et de consommation ? Ne sommes-nous pas à l’heure du « produire local », d'autant plus que l'Europe a tout de même les moyens de produire la quasi-totalité des biens qu'elle serait susceptible d'importer des États-Unis ? Cette question vaut pour l’agriculture, mais aussi pour l’ensemble des industries et des services européens, déjà largement fragilisés par la levée des barrières douanières de l’UE ces dernières années. Parce qu’elle représente l’ensemble des États-membres dans toute négociation commerciale, l’Union européenne conforte par sa posture libre-échangiste son image de « bras armé » ou de « cheval de Troie » de la mondialisation. Et les chefs d'État et de gouvernement qui donnent mandat à la Commission européenne ne font rien pour améliorer cette image.

En outre, rappelons que le bien moins connu mais toutefois bien plus avancé accord de libre-échange UE-Canada, appelé CETA (abréviation d'« Accord économique et commercial global » en anglais), a fait l'objet d'une opacité au moins aussi grande que celle qui entoure le TAFTA. Les négociations se sont conclues le 18 octobre 2013, le traité a été signé le 26 septembre 2014, et il doit être adopté par le Conseil européen le 18 octobre prochain, puis paraphé une dernière fois le 27 octobre. Pire, alors que les 28 parlements nationaux européens (et ceux des 10 provinces canadiennes) seront appelés à se prononcer in fine sur le texte, la Commission européenne a déjà annoncé, en juillet dernier, que l'accord, une fois ratifié en Conseil le mois prochain, et validé par le Parlement européen, pourra entrer en vigueur de manière « provisoire », avant même d'attendre le vote des députés des 28 États-membres, qui peut exiger de 18 à 24 mois. Et donc avant la présidentielle en France. Le CETA couvre tout de même la plupart des aspects de la relation économique bilatérale, notamment les produits et les services, l'investissement et les achats gouvernementaux. Comme pour le TAFTA, un débat public sur la pertinence d'un tel traité était largement justifié – voire indispensable.

Centre commercial dans le centre de Paris.

Centre commercial dans le centre de Paris.

Libre-échange versus protectionnisme : face à de tels enjeux, que faire ?

Nous en sommes donc là. Contrairement à un Venezuela, à un Brésil et à une Argentine qui ont su faire échouer, en novembre 2005, le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) promu par l’administration W. Bush, la France a été incapable de s’opposer par principe à la mise en place de ce grand marché transatlantique, qu'il s'agisse du TAFTA avec les États-Unis, ou du CETA avec le Canada ; à voir les candidats présents sur la ligne de départ pour la prochaine campagne présidentielle en France, pas de changement en vue à signaler !... Tout comme le scrutin ne va pas bouleverser, ni de près ni de loin, nos relations commerciales avec les pays d’Asie ou d’Afrique. Dans le paysage politique français, les partis dits de gouvernement que sont Les Républicains, le Parti socialiste et les formations centristes, même quand ils promeuvent le « produire local », ne prétendent pas remettre en cause la politique commerciale de l'Union européenne, c'est-à-dire le libre-échange. À l'extrême-droite, le Front national entend rétablir les frontières françaises, c'est-à-dire revenir sur le libre-échange des marchandises, mais aussi sur la libre-circulation des personnes. Il le fait plus par volonté de restaurer la souveraineté de la nation française sur ce sujet, que par souci de proposer un modèle de développement durable. À l'extrême-gauche, Europe Écologie-Les verts et les composantes du Front de Gauche soutiennent la mise en place d'un protectionnisme intelligent, basé sur un socle de normes sociales et environnementales, mais avec pour frontière douanière extérieure l'Union européenne, et non l'Hexagone. Compte tenu de leurs scores à toutes les élections intermédiaires depuis 2012, et des sondages pour le premier tour de la présidentielle, on est encore très loin de voir un jour une telle forme de protection douanière se (re)mettre en place. La probable participation, à la primaire PS de janvier, d'Arnaud Montebourg, chantre de la « démondialisation » et de la « réindustrialisation » lors de la primaire de 2011, laisse encore un (très mince) espoir de voir ce sujet s'imposer dans le programme du Parti socialiste, même si les chances de l'ancien ministre du Redressement productif (2012-2014) sont faibles. Tout cela est tragique, quand on pense aux centaines de milliers d’emplois perdus dans l’industrie depuis les années 80, et à la détresse sociale croissante.

Doit-on désespérer de notre classe politique et se dire qu’il n’y a rien à faire ? Les initiatives sont nombreuses dans la société civile pour tenter d’amorcer, à l’échelle citoyenne, un changement de modèle économique et social pour proposer un système de développement réellement durable. Comme l’expliquait la psychanalyste et philosophe française Cynthia Fleury, invitée sur France 2 le 11 octobre 2014, des « insularités », des « îlots […] d’innovation sociale » existent. Interrogée par le média en ligne Novethic, dans un article publié le 5 septembre dernier, Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Éthique sur l’étiquette, un rassemblement d'une vingtaine d'associations, rappelait que le textile demeure « le lieu de violations des droits humains au travail [et] symbolique d’un certain modèle de production, fondé sur la sous-traitance, caractéristique de secteurs à forte intensité de main d’œuvre ». Face à cette situation, Éthique sur l’étiquette, comme d’autres ONG, mène de nombreuses campagnes depuis des années pour sensibiliser les citoyens. « Nos organisations sont essentielles et ont un poids réel, expliquait encore Nayla Ajaltouni. La surveillance que nous exerçons sur les entreprises, alimentée par notre capacité à dénoncer des cas de violation, est ressentie par ces dernières. Elles ne peuvent plus se permettre de ne pas dialoguer avec nous. C’est une pression citoyenne qui les a conduites à développer des politiques de "responsabilité sociale" en matière de droits humains et à communiquer dessus. »

Au travail de lobbying des ONG et aux actions de plaidoyer de la société civile, peut s'ajouter l'arme du boycott citoyen – par exemple le boycott de tel ou tel produit, ou de telle ou telle marque. Toutefois, plus qu'aux citoyens, la responsabilité incombe surtout à notre classe politique, chargée de négocier les accords commerciaux avec les pays concernés, et aux dirigeants des pays dits du Sud qui n’hésitent pas à « vendre » leurs peuples sur l’autel de la croissance économique (et de la croissance de leur propre portefeuille). Dans ce schéma, le consommateur n’est pas exempt de responsabilité, mais il ne peut pas à lui seul transformer le système dans son ensemble. Tant que celui-ci permet l’importation en Occident de produits à moindre coût, il confronte les filières respectueuses de normes sociales et environnementales à une concurrence déloyale, de surcroît en période de « crise du pouvoir d’achat » comme on en connaît actuellement. Les grands groupes du textile disposent de moyens beaucoup plus importants, y compris en termes de lobbying sur notre classe politique, à Paris comme à Bruxelles. Un raisonnement qui vaut évidemment pour la plupart des secteurs de l’économie, pas seulement pour le textile.

En outre, le boycott est une arme aux impacts limités, comme le reconnaissait la coordinatrice d’Éthique sur l’étiquette, toujours sur Novethic : « La conscience citoyenne a très clairement beaucoup évolué sur ces questions, même si cela ne se traduit pas encore dans les actes d’achats. Il faut avouer que l’alternative accessible au plus grand nombre demeure mince. C’est notamment pour cela que la question du boycott est compliquée : la seule information disponible est le pays d’origine de fabrication. […] Il reste à transformer cette prise de conscience dans les comportements économiques. Au-delà, c’est l’interpellation citoyenne, l’acte politique, qui nous semble le plus efficace. » En son temps, en janvier 1920, Gandhi expliquait déjà : « Un boycott organisé par six ou sept personnes, voilà qui revient à battre un éléphant avec un fétu de paille. » Et en effet, à moins d’obtenir un succès comparable à celui du boycott du textile britannique par les partisans du Mahatma en Inde, dans l'entre-deux-guerres, il est peu probable que le seul comportement citoyen suffise. Même la tragédie du Rana Plaza en avril 2013, avec ses presque 1.200 morts, n’avait pas affecté outre-mesure les ventes des grandes marques présentes dans le pays. À l’époque, expliquait encore Nayla Ajaltouni le 5 septembre dernier, les réponses des multinationales au drame du Rana Plaza visaient avant tout « à protéger leur réputation et relevaient parfois du social washing. […] Cela ressemble parfois à un acte de riposte médiatique. […] Aucune de ces multinationales ne nous donne accès à des documents nous permettant d’avoir des preuves tangibles de l’efficacité ou même de la mise en œuvre des mesures annoncées, par exemple le niveau exact de salaire ou le nombre d’heures effectuées. Or, nous ne pouvons pas croire les entreprises sur parole. »

Ces derniers mois s'annoncent donc bien pauvres en débats économiques et sociaux, l'identité nationale, la sécurité, l'immigration et l'islam étant déjà largement mis en avant. Rappelons pour finir qu'au cours du quinquennat présidentiel actuel, désormais dans sa dernière année, les mouvements sociaux, avec l'appui de députés socialistes et écologistes, ont fait pression autant que faire se peut pour un changement de la législation relative aux multinationales qui importent du Sud vers l'Europe, avec notamment une proposition de loi sur le devoir de vigilance. En vain, pour l'instant. Ces quelques mots de Nayla Ajaltouni peuvent servir de conclusion : « Aujourd'hui, le seul acteur qui n'est pas redevable est l'acteur économique le plus puissant et dont l'activité peut être la plus dévastatrice. C'est celui qui échappe à tout contrôle citoyen et politique dans la mondialisation. Et cette impunité dont pâtissent les populations partout dans le monde est inacceptable. Et de moins en moins tolérée par les citoyens. » Au regard du climat global dans les débats publics, force est de constater que notre classe politique ne l'a pas encore compris, et qu'elle tarde encore à s'emparer de ce sujet central qu'est le protectionnisme intelligent.

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